Nous relayons un communiqué de l’association Visa 13 (Vigilance et initiatives syndicales antifascistes), dont nous sommes membres, suite aux municipales 2026.
À l’issue du second tour des élections municipales 2026, la situation dans les Bouches-du-Rhône et plus largement en région PACA confirme une dynamique préoccupante de l’extrême droite : si les plus grandes villes, exception faite de Nice, résistent à sa poussée, les villes petites et moyennes montrent une progression notable et plusieurs victoires du RN et de ses alliés, qui s’ancrent durablement dans le paysage local.
Dans les Bouches-du-Rhône, après Rognac et Marignane, c’est aussi Tarascon et Lançon de Provence. A Marseille, malgré la reprise du secteur 13-14 par la gauche, ce sont deux nouveaux secteurs de la ville (soit 4 arrondissements) qui seront désormais gérés par le RN, une première ! Dans le Var, s’il échoue à Toulon, ce sont la Seyne-sur-Mer, La Valette, Six-Fours et Salernes qui basculent au RN. Sans oublier que 8 communes du nord du Vaucluse deviennent ou restent acquises à l’extrême-droite.
Ces prises de villes ne doivent rien au hasard : elles s’appuient d’abord sur la fragmentation sociale et sur l’affaiblissement des solidarités. La précarisation de l’emploi, l’austérité qui dégrade les services publics ou encore la mise en concurrence de plus en plus générale des personnes entre elles favorisent le repli sur soi et la recherche de solutions politiques parfois perçues comme une alternative. Elles sont aussi le résultat d’un travail de banalisation politique. La reprise d’une partie des thèmes et des propositions de l’extrême droite par certains partis de gouvernement, le traitement sécuritaire des questions de tranquillité publique lors de cette campagne municipale 2026 ou encore la bienveillance d’une partie des médias acquis à la cause de l’extrême droite bousculent la donne.
Pour autant, cette progression n’est pas inexorable. Des échecs significatifs rappellent que la mobilisation citoyenne, associative et syndicale peut faire reculer l’extrême droite, y compris dans des villes où elle espérait s’imposer comme à Nîmes ou Aubagne. Ces reculs démontrent qu’aucun territoire n’est perdu lorsque les résistances s’organisent.
Les expériences locales ont confirmé que lorsqu’elle exerce le pouvoir, l’extrême droite met en œuvre des politiques qui fragilisent les droits sociaux, s’attaquent aux services publics et au tissu culturel, restreignent les libertés associatives et syndicales, instaurent des discriminations. Un projet profondément antisocial, raciste et autoritaire qui s’attaque aux agent.es des collectivités et aux populations les plus précaires.
Face à cela, le rôle du mouvement syndical est déterminant. L’antifascisme ne se décrète pas : il se construit dans les luttes, dans les entreprises, dans les services publics, dans la défense des droits de toutes et tous. C’est par l’organisation collective, la solidarité et l’action que nous pouvons faire reculer les idées et les pratiques de l’extrême droite.
Dans les Bouches-du-Rhône, VISA 13 continuera à assumer pleinement son rôle dans les années à venir :
- Vigie face aux dérives et aux attaques,
- Outil de formation et de sensibilisation,
- Espace de solidarité et de soutien aux équipes syndicales confrontées à l’extrême droite.
Plus que jamais, nous serons présents pour soutenir, documenter, alerter et agir.
Contre l’extrême droite, construisons la riposte syndicale !
