En ce 8 mars 2026, nous étions mobilisé·es sur les différents événements de la journée, dont un rassemblement de l’intersyndicale CGT-FSU-Solidaires. Nous sommes intervenu·es pour rappeler l’importance de nos revendications féministes sur nos lieux de travail, pour insister sur le danger que représente l’extrême-droite pour tous·tes les travailleur·euses malgré ses tentatives d’instrumentalisation, et pour rappeler que notre féminisme est antiraciste et antisioniste, et se place aux côtés des peuples qui luttent pour leur autodétermination.
En ce 8 mars 2026, à Solidaires 13, on trouve important de se mobiliser en intersyndicale, pour porter nos revendications liées aux droits des travailleuses. Elles sont souvent communes à la CGT, la FSU et Solidaires : nous sommes là pour revendiquer l’égalité salariale, une meilleure lutte contre le harcèlement sexiste et sexuel et les discriminations sexistes au travail, la fin des temps partiels imposés, la revalorisation salariale des métiers très féminisés, et l’amélioration de nos conditions de travail.
Même si ce 8 mars tombe un dimanche, nous appelons à la grève comme chaque année.
21% des femmes travaillent le dimanche (notamment dans les secteurs du nettoyage, du commerce et de la culture), et ce de façon très souvent imposée. Là où les hommes travaillant le dimanche profitent souvent d’une rémunération plus favorable, c’est très peu le cas pour les femmes. Nous appelons donc à la grève du travail salarié en ce 8 mars.
On appelle aussi à la grève du travail invisible (c’est à dire des tâches domestique et de soins aux enfants) et à la grève du travail reproductif.
Au travail, la santé des femmes n’est pas assez prise en compte.
Par exemple, les douleurs et gênes liées aux cycles menstruels et hormonaux sont invisibilisées, et renvoyés à la sphère privée. Pourtant, le personnel est politique, et ces sujets ont des conséquences bien réelles sur la rémunération, lorsque la douleur empêche de venir travailler et oblige ainsi d’être en congé maladie avec jour de carence.
Nous revendiquons :
- Un congé hormonal dont menstruel de 26 jours par an.
- La reconnaissance de l’endométriose et l’adénomyose comme ALD exonérante avec adaptation des postes de travail.
- Un accès gratuit à des protections périodiques sur les lieux de travail et dans les lieux publics.
Ce 8 mars doit aussi être anticapitaliste et contre l’austérité : lorsque les services publics sont fragilisés, ce sont notamment les femmes qui en paient le prix (par exemple, lorsque des maternités sont fermées, les obligeant à de longs trajets pour accoucher à l’hôpital).
Les femmes doivent avoir un droit inconditionnel à disposer de leurs corps, en ayant un accès sûr et garanti à l’IVG partout sur le territoire : la constitutionnalisation ne suffit pas !
On revendique également une contraception gratuite pour toutes et tous, et la PMA pour toustes y compris les personnes trans.
A l’international, les corps des femmes deviennent souvent des champs de bataille. Les femmes et filles sont privées de liberté, soumises à des bombardements intensifs, victimes de viols… Le 8 mars est une journée internationale, et nous réaffirmons haut et fort, dans l’unité syndicale, notre solidarité avec les femmes du monde entier.
Les femmes iraniennes qui subissent l’agression impérialiste des États-Unis et le régime iranien.
Les femmes Palestiniennes qui vivent la colonisation, l’occupation et les politiques d’apartheid de l’état israélien depuis plus de 80 ans, et encore davantage depuis le début du génocide fin 2023.
Les femmes soudanaises, vénézuéliennes, américaines et toutes les autres.
Nous sommes solidaires de toutes les femmes qui, obligées de quitter leur pays, subissent des violences sur le chemin de leur exil.
Nous sommes solidaires de toutes les femmes chassées de leurs terres par un modèle productiviste et des multinationales qui polluent sols et sources d’eau.
Nous sommes solidaires de toutes les femmes qui se dressent contre les régimes autoritaires, réactionnaires, fascistes, racistes.
Et notre féminisme se place aux côtés des peuples qui luttent pour leur droit à vivre dignement, pour leur autodétermination, et contre l’impérialisme.
Beaucoup de ces femmes se dressent contre des régimes fascistes ou d’extrême-droite. L’extrême-droite est l’ennemie des femmes et des minorités de genre.
L’extrême-droite instrumentalise les luttes féministes pour promouvoir son idéologie. Elle renforce son discours nationaliste, identitaire, sécuritaire et islamophobe en visant les hommes racisés et étrangers comme seuls responsables des violences à l’encontre des femmes, se prétendant ainsi l’alliée du féminisme.
Mais la progression de l’extrême droite s’accompagne systématiquement d’attaques contre les droits sociaux, les libertés fondamentales et les droit des femmes et personnes LGBTQIA+.
Quand l’extrême-droite est au pouvoir, que les services publics sont affaiblis et les budgets des associations réduits, les femmes sont les premières à en payer le prix. Elles subissent de plein fouet les conséquences de la destruction des services publics, en tant qu’agentes et usagères. Elles subissent concrètement la régression du droit à disposer de leur corps. L’extrême-droite est l’ennemie des travailleurs, et encore plus des travailleuses !
Avec la CGT et la FSU, nous sommes unanimes. Nous ne voulons pas d’extrême-droite dans nos luttes, ni dans la rue.
Aujourd’hui, le collectif sioniste Nous vivrons appelle à se rassembler à l’occasion du 8 mars sur la Canebière. Ce collectif instrumentalise les luttes féministes comme caution pour soutenir la colonisation et l’occupation menées par Israël. Ce collectif n’est pas féministe mais sioniste, et donc colonialiste et raciste. Nous ferons tout pour ne pas les laisser diffuser leur discours aujourd’hui : pas de sionistes et pas de racistes dans nos luttes !
Un contre rassemblement était prévu ce matin à 10h30 au Vieux port, à l’appel de collectifs antifascistes, associations et collectifs féministes de l’interorga du 8 mars, associations et collectifs antisionistes, et bien d’autres. Vendredi, la préfecture a décidé d’interdire ce rassemblement plutôt que d’interdire celui de Nous vivrons.
Et ce, sous prétexte de trouble à l’ordre public et de danger pour les femmes juives de Nous vivrons. La préfecture, comme la proposition de loi Yadan, assimile toute critique d’Israël à de l’antisémitisme, assimile antisionisme à antisémitisme, ce qui revient à décréter que tous les juifs et juives de France soutiendraient Israël, ce qui est faux. Et les militant·es de collectifs tels que Tsedek! et Kessem sont là pour nous le rappeler. À Solidaires 13, nous sommes antisionistes et nous nous battons contre l’antisémitisme.
Alors en ce 8 mars, face aux attaques réactionnaires, à l’impérialisme, aux politiques d’austérité, au patriarcat et à la menace de l’extrême droite :
Nous sommes en grève du travail rémunéré, pour dire qu’on ne veut plus être sous-payées, exploitées, précarisées.
Nous sommes en grève de la consommation, pour dire que nous voulons en finir avec le système capitaliste et patriarcal.
Nous sommes en grève du travail domestique et parental, pour dire que nous voulons une société égalitaire !
Car si on s’arrête, tout s’arrête !
La lutte pour les droits des femmes est une nécessité pour l’amélioration des conditions de travail de toustes les travailleureuses. Rien ne nous sera accordé spontanément par le patronat : arrachons de nouveaux droits par les luttes collectives, le rapport de force, et l’organisation syndicale !
