Travail par forte chaleur : faire valoir nos droits, en gagner de nouveaux !

La France connaĂźt son deuxiĂšme Ă©pisode de canicule alors que l’étĂ© vient tout juste de commencer. Quarante-neuf dĂ©partements de mĂ©tropole sont placĂ©s en vigilance rouge, avec des tempĂ©ratures grimpant jusqu’à plus de 40°C. L’imprĂ©paration du gouvernement et du patronat sont irresponsables alors que la multiplication et l’aggravation de ces Ă©pisodes sont annoncĂ©s depuis des dĂ©cennies.

Solidaires publie une fiche Outils pour armer les salariĂ©âˆ™es du privĂ© et les agent∙es de la fonction publique et leurs reprĂ©sentant∙es, “Il fait trop chaud au boulot, on fait quoi ?”. Nous y portons aussi une sĂ©rie de revendications pour la canicule en cours.

Lors de la canicule de mai, au moins un travailleur a trouvĂ© la mort, un ouvrier de 19 ans dans la DrĂŽme, qui travaillait sur un toit sans aucune mesure particuliĂšre prise par l’employeur, selon l’inspection du travail. Selon la prĂ©fecture, son dĂ©cĂšs est dĂ» Ă  une hyperthermie. Face Ă  cette mise en danger des salariĂ©âˆ™es, le syndicalisme constitue un contre-pouvoir. C’est pourquoi nous publions cette fiche.

L’Etat manque Ă  ses devoirs, comme dans l’Education nationale. Les mesures Ă  prendre pour la rĂ©novation Ă©cologique du bĂąti scolaire, pour de meilleures conditions de travail lorsqu’il fait chaud, ou froid, et pour des Ă©conomies d’énergie, sont connues. Nous les portons avec l’Alliance Ă©cologique et sociale, qui a publiĂ© un rapport en septembre dernier, L’école bien dans ses murs : pour une rĂ©novation Ă©cologique du bĂąti scolaire. Il en va de mĂȘme pour l’hĂŽpital public et les EHPAD, laissĂ©s Ă  l’abandon et structurellement inadaptĂ©s Ă  ces crises thermiques rĂ©pĂ©tĂ©es. Depuis la canicule de 2003 qui avait fait plus de 15000 mort·es, dont en grande majoritĂ© des personnes ĂągĂ©es et vulnĂ©rables.

Pourtant, rien n’a Ă©tĂ© fait en ce sens et aujourd’hui le ministĂšre en reste Ă  une gestion au cas par cas, gĂ©nĂ©ratrice d’inĂ©galitĂ©s. Nous exigeons un cadrage national avec des critĂšres objectifs pour dĂ©cider du report des examens, de la fermeture des Ă©coles et des Ă©tablissements, et des autorisations d’absence pour les personnels vulnĂ©rables.

Au travail, le dĂ©cret n° 2025-482 du 27 mai 2025 est insuffisant. Le gouvernement a refusĂ© de fixer des tempĂ©ratures maximales dans le code du travail, ou d’imposer que des tempĂ©ratures maximales soient fixĂ©es par secteur d’activitĂ©, ou de permettre Ă  l’inspection du travail d’arrĂȘter l’activitĂ© dans les situations de danger. Dans l’immĂ©diat, Solidaires exige Ă©galement des arrĂȘtĂ©s de suspension des travaux en extĂ©rieur de la part des prĂ©fectures, dans le bĂątiment et les travaux publics mais aussi les autres secteurs concernĂ©s pendant toute la pĂ©riode de canicule rouge.

Et au-delĂ  de ces mesures indispensables et urgentes d’adaptation et de protection, il est plus que temps de sortir de l’inaction climatique, en associant les travailleurs et les travailleuses Ă  la reconversion Ă©cologique de l’appareil productif et Ă  la sortie des Ă©nergies fossiles sans leur faire payer la facture.