Non au permis de tuer ! Manifestation le 20 septembre 2026

Nous relayons l’appel inter-organisations Ă  une mobilisation nationale contre la loi « Permis de tuer », le 20 septembre 2026 dans toute la France. L’Union Syndicale Solidaires appelle Ă  rejoindre cette mobilisation. Ă€ Marseille, rendez-vous Ă  14h au Vieux-Port.

Le texte d’appel : 730 000 signatures contre le « permis de tuer » : le Parlement refuse le dĂ©bat, le pays s’en empare

Plus de 730 000 personnes ont signĂ© la pĂ©tition contre la proposition de loi instaurant une prĂ©somption d’usage lĂ©gitime de l’arme. Sept cent trente mille citoyens ont dit non. Ce dĂ©saveu ne s’effacera pas.

Pourtant, alors que cette pĂ©tition avait largement dĂ©passĂ© le cap permettant l’ouverture d’un dĂ©bat Ă  l’AssemblĂ©e nationale, elle a Ă©tĂ© clĂ´turĂ©e sans qu’aucune discussion n’ait lieu. Refuser d’entendre 730 000 citoyens n’est pas une maladresse institutionnelle. C’est un choix politique.
Mais ce refus produit l’effet inverse de celui recherchĂ©. Quand les institutions refusent le dĂ©bat, c’est le pays qui s’en empare. Car cette mobilisation dĂ©passe largement cette seule proposition de loi : elle rĂ©vèle que deux seuils viennent d’ĂŞtre franchis.
Le premier est celui du pouvoir.
Depuis plusieurs annĂ©es, l’État de droit recule par Ă©tapes. Cette proposition de loi ne constitue pas une rĂ©forme sĂ©curitaire de plus. Elle marque une rupture. Lorsqu’un usage lĂ©tal de la force bĂ©nĂ©ficie d’une prĂ©somption favorable avant mĂŞme que les faits aient Ă©tĂ© Ă©tablis, ce n’est plus seulement une règle de procĂ©dure qui change : c’est la place du droit face au recours Ă  la force par l’Etat qui est redĂ©finie.
Les indices de cette rupture sont nombreux. La « prĂ©somption de lĂ©gitime dĂ©fense » est devenue une « prĂ©somption d’usage lĂ©gitime de l’arme »,. Son champ a Ă©tĂ© Ă©largi par amendement gouvernemental, en commission, loin du regard du public. Aucun avis du Conseil d’État, avec un dĂ©bat rĂ©duit au minimum.
Ce n’est plus seulement une manière de faire la loi. C’est une manière de transformer progressivement les institutions. Une dĂ©mocratie ne se dĂ©finit pas par la volontĂ© de gouverner par la force, mais par la volontĂ© de soumettre la force au droit et de contrĂ´ler son usage. Ici, le mouvement est inverse : les garanties diminuent, les contre-pouvoirs sont Ă©cartĂ©s, le contrĂ´le judiciaire est affaibli. Les pratiques autoritaires ne commencent pas lorsque le droit disparaĂ®t. Elles commencent lorsque le droit cesse de limiter le recours Ă  la force de l’État et commence Ă  l’organiser. C’est exactement ce que ce texte propose.
Depuis l’entrĂ©e en vigueur de l’article L.435-1 du code de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure en 2017, au moins trente-cinq occupants de vĂ©hicules ont Ă©tĂ© tuĂ©s lors de tirs policiers Ă  l’occasion de refus d’obtempĂ©rer. La France constitue dĂ©jĂ  une exception europĂ©enne. Aucun bilan n’a pourtant Ă©tĂ© dressĂ©, aucune remise en question engagĂ©e. Au contraire, cette proposition de loi choisit d’aller plus loin encore.

Mais un second seuil vient lui aussi d’ĂŞtre franchi. Celui du seuil de tolĂ©rance de la sociĂ©tĂ© Ă  l’Ă©gard de cette violence.

Cette pĂ©tition n’Ă©tait pas un aboutissement. Elle Ă©tait un point de dĂ©part. Familles de victimes, associations, syndicats, ONG, juristes, magistrats, universitaires, artistes, citoyens : une mĂŞme conviction les rassemble dĂ©sormais, aucune dĂ©mocratie ne peut accepter que l’usage de la force lĂ©tale Ă©chappe progressivement au contrĂ´le du droit. Le mouvement ne s’arrĂŞte donc pas avec cette pĂ©tition. Il commence.
Une pétition mesure une indignation. Une marche construit un rapport de force. Nos organisations appellent à une grande marche nationale contre le « permis de tuer », le dimanche 20 septembre 2026.

Le pouvoir a franchi un seuil. La sociĂ©tĂ© aussi. L’un cherche Ă  inscrire l’exception dans la loi. L’autre refuse qu’elle devienne la norme.

Le 20 septembre, le dĂ©bat qu’ils ont refusĂ© Ă  l’AssemblĂ©e aura lieu dans la rue.